[#idéedingue] – Et si la formation en entreprise devenait une conciergerie ?

Ces dernières années, se sont développées des services de conciergerie d’entreprise, destinées aux salariés et dont le coût de gestion était en partie pris en charge par l’employeur, considérant à juste titre que cela participait à une meilleure sérénité des collaborateurs.
Depuis le début des années 2000, date d’arrivée de la conciergerie d’entreprise en France, environ 1 % seulement des salariés français y ont accès alors qu’ils sont 30 % dans les pays anglo-saxons.

Raphael Grasset, praticien-chercheur en Sciences pédagogiques a donc émis l’idée folle sur son blog que les entreprises puissent se doter selon ses termes d’une conciergerie d’apprentissage, et que je nommerais ici “conciergerie pédagogique”.

L’idée est simple: “Aujourd’hui la fonction formation a mis en place des infrastructures qui maximisent son contrôle sur les apprenants. […] On a même atteint le stade de l’arrosage automatique avec les Learning Management System : la formation contrôle la distribution des apprentissages, mais l’apprenant est encore et toujours passif. C’est effectivement une posture confortable qui ne remet pas en cause les services de formation qui s’inquiètent que leurs collaborateurs n’apprennent pas les bonnes choses s’ils ne sont pas supervisés. Le fait est qu’ils apprennent déjà par eux même. La question n’est donc pas de savoir comment suivre au plus près ce qu’ils apprennent, mais comment les aider à mieux apprendre. La conciergerie est une alternative bottom-up à un fonctionnement habituellement trop top-down de la formation. C’est un service dont l’utilisation est donc choisie et non imposée. De ce fait, elle se doit d’avoir une proposition de valeur forte.”

La verticalité inversée pour mieux former mais aussi identifier des problématiques métier

Aujourd’hui, les collaborateurs choisissent soit de suivre une formation sur catalogue, soit suivent des formations imposées par l’entreprise. La verticalité inversée consiste à engager l’apprenant à une échelle supérieure en constituant un service ouvert et en l’invitant à exprimer ses besoins de formation auprès d’une conciergerie pédagogique.

Pour satisfaire au mieux au cahier des charges et développer ainsi une culture d’apprentissage au sein de l’entreprise, la conciergerie se doit de suivre certains principes:
– La centralisation des demandes: l’ensemble des collaborateurs doit être sensibilisé à un processus unique qui évitera les demandes émises à plusieurs personnes et qui peut être chronophage inutilement.
– L’hyper réactivité: la conciergerie doit répondre en heures et non pas en jours ou semaines aux demandes des apprenants.
– Le qualitatif avant le quantitatif: vaut mieux répondre correctement et satisfaire ainsi à une demande apprenant que de préférer répondre en masse à plusieurs apprenants sans chercher à les satisfaire.
– La mise en place d’une architecture ouverte de formation en privilégiant le costkilling (la baisse des coûts), l’open source, et la mise en place de plateformes de partenariats (hubs).
– L’alignement sur la politique de l’organisation et au service de la performance individuelle.

La conciergerie pédagogique en accompagnement des services formation

Dans les petites entreprises, la conciergerie pourrait permettre de mettre en place un service formation à un moindre coût car une seule personne est nécessaire à son bon fonctionnement.
A partir des entreprises de taille intermédiaire, la conciergerie pourrait venir dans un rôle d’accompagnant aux services formation classiques en favorisant la transformation et la conduite du changement par la mise en avant d’une expérience apprenant nécessairement différente.