[#Banque/Finance] – La formation face à la révolution digitale et réglementaire

La vague numérique met actuellement les banques au défi de repenser le rôle de l’agence, de redéfinir la relation entre leurs conseillers et leurs clients, et donc de faire évoluer massivement les métiers des salariés. De l’avis des établissements, il s’agit d’une transformation sans précédent des compétences de leurs collaborateurs et donc de leur formation.

Ces dernières années par ailleurs, le contexte réglementaire (Mifid2, AIFMD) a évolué et a introduit des concepts ou notions parfois abscons pour les métiers commerciaux.
Il s’agit d’un enjeu de taille: le Royaume-Uni qui a réformé son droit financier pour se calquer sur les impératifs Mifid2 dès 2013, a vu disparaître près de 30% des conseillers financiers/assets managers sous licence FSA.

A titre personnel, je dis souvent qu’un commercial qui ne connaît pas les limites en terme de conformité de son propre métier ne sera jamais un bon vendeur: il ira soit moins loin que ce qui est permis par la réglementation et offrira une collecte moins importante, soit au contraire, il ira trop loin et ouvrira une brèche légale aux conséquences potentiellement importantes pour son entreprise. Le défaut de conseil est aujourd’hui le fait le plus reproché aux établissements bancaires en France, et les conflits liés à cela sont en constante augmentation.

Une Révolution digitale et réglementaire

Les métiers de la banque et de l’assurance sont donc confrontés à une double révolution digitale et réglementaire qu’elles sont obligées de mener de front.

Ainsi, d’ici deux à trois ans, tous les conseillers des banques françaises devront être en mesure de s’adresser à un client mieux informé et plus exigeant, quel que soit le canal (de visu, au téléphone, sur Internet).

Un impératif à l’heure où les clients se font plus rares en agence et où la concurrence des banques 100 % en ligne ou les startups labellisées “Fintech” se multiplient et permettent désormais de régler des achats, de prêter de l’argent, d’épargner ou d’investir.
Au premier trimestre 2016, les seules Fintechs auraient permis de lever 4,9 milliards d’Euros dans le monde en capital-risque, d’après l’étude trimestrielle de KPMG.

Or, cette mue nécessaire intervient dans un environnement économique peu porteur et contraignant: Toutes les banques françaises ont entamé des programmes de réduction de coûts.

Dans les départements de la formation, l’impact de ces mesures de réduction de budget sont néanmoins limitées ou bénéfiques en cela qu’elles permettent à ces métiers de se transformer positivement et adopter de nouveaux modèles, en grande partie basés sur l’outil numérique.

BPCE a ainsi développé le modèle des « classes virtuelles “, un mode de formation à distance, en direct, qui met un professeur en face d’un petit groupe de participants, en utilisant un ordinateur muni d’une Webcam.
Pour le groupe, les avantages sont nombreux : des modules courts et donc plus efficaces, des économies importantes sur les déplacements et le temps d’absence limité des salariés.
Source: Les Echos

Au Crédit Agricole SA (Casa), comme chez BPCE, On a fait le choix de sanctuariser le budget formation, comprenant que ce dernier n’est pas un coût mais un investissement. Le “mix learning” apparaît comme l’hypothèse la plus séduisante au sein de l’ensemble des acteurs bancaires français.

Crédit Agricole va cependant plus loin et réfléchirait à transposer le concept des MOOC (« massive open online course “), avec des formations diplômantes à distance.

Dans l’ensemble de ces changements stratégiques, la “double révolution”, digitale et réglementaire, est souvent citée pour justifier la transformation actuelle des activités de formation.

Le pari est osé, mais plein d’enjeux…

Kévin PEYROTTE.