Kevin Peyrotte

[#Afterworks] – La Musique du Management: George Prêtre s’en est allé…

J’ai appris la semaine passée le décès de George Prêtre à l’âge de 92 ans en son château de Vaudricourt à Navès et malgré son âge, j’en ai été ému.

Cet homme, d’une humanité déconcertante, toujours souriant et sans cesse à l’écoute. Il fut notamment le chef qui s’opposa à l’Allemand Karajan et à ses pratiques abjectes (Karajan imposait postiches et lunettes de soleil aux musiciens qui n’avaient pas été bien dotés par la Nature).

George Prêtre était aussi le chef d’orchestre préféré de Maria Callas et dont lui même se plaisait à dire que devant ce qu’ils avaient accompli ensemble, il s’était assoupi en plein milieu d’un concert qu’il dirigeait. Il entendit alors la voix de Callas, cette voie rocailleuse qui lança timidement puis de manière plus pressante un “George” emprunt d’une complicité et d’une compréhension mutuelle.

George Prêtre était également celui qui a dirigé le Bicentenaire de la Révolution Française et la Marseillaise inaugurale de l’Opéra Bastille à Paris.

Il fut nommé chef d’honneur à vie de la Philarmonie de Vienne, et fut le premier Français à diriger le Concert du Nouvel An à Vienne en 2006, puis en 2010 où il souleva la salle sur la Marche célèbre de Radetzky !

Mais de sa vie, je retiendrais avant tout la capacité qu’il avait à convaincre les hommes sans les contraindre, et ainsi tirer le meilleur de chacun. La meilleure preuve de cela est d’observer sa gestuelle toujours juste, jamais excessive. Il dirigeait de la manière dont il se sentait guidé, le coeur en avant. Et si je devais retenir un seul extrait, ce serait sûrement le “O mio bambino caro” de Puccini dans l’opéra Gianni Schicchi, où Callas et Prêtre sont en parfaite communion.